Sommes-nous en train de nous rapprocher d'une « crise globale » ?

La plupart du marché ne se concentre pour l’instant que sur la « crise de l’énergie ». Toutefois, si l’on regarde plus largement, le tableau de l’économie mondiale fait simultanément apparaître plusieurs points de risque graves. Lorsque ces éléments se combinent, le danger n’est pas seulement une récession localisée : il pourrait s’agir d’une phase de crise à caractère systémique.

Voici 5 grandes pressions en train de se former :

  1. Crise de l’approvisionnement alimentaire Pour la première fois depuis juin 2022, les fonds spéculatifs sont revenus sur une position d’achats nets de blé. Cela montre que l’on s’attend à une hausse marquée des prix des produits agricoles dans les prochains temps. En outre, les tensions sur des voies de transport stratégiques, comme des détroits importants à l’échelle mondiale, ont perturbé la chaîne d’approvisionnement des engrais. Lorsque l’offre d’engrais se retrouve bridée, les coûts de production agricoles augmentent, ce qui entraîne une hausse des prix de l’alimentation. La hausse des prix des denrées alimentaires exerce non seulement une pression sur l’inflation, mais affecte aussi directement la stabilité sociale dans de nombreux pays en développement.

  2. Crise des marchés d’obligations Les rendements des obligations d’État du Japon atteignent en continu de nouveaux sommets. Dans l’histoire, de fortes fluctuations sur le marché obligataire ont déjà servi de catalyseur à de grands krachs sur les marchés financiers. Les obligations sont considérées comme un socle stable du système financier. Lorsque les rendements montent brutalement, le coût de l’emprunt augmente également, ce qui met sous pression les entreprises, les gouvernements et l’ensemble du système bancaire. Si cette tendance se poursuit, le risque de contagion vers les marchés boursiers et d’autres actifs à risque est difficile à éviter.

  3. Crise des marchés du private credit Le PDG de JPMorgan Chase, M. Jamie Dimon, a récemment mis en garde contre les risques du marché du private credit. Certaines grandes institutions financières comme BlackRock, Blackstone et Morgan Stanley ont déjà dû limiter ou suspendre les retraits de fonds de leurs fonds de crédit privé. Fait notable, la taille de ce marché atteint environ 2 000 milliards USD. De nombreuses entreprises technologiques et d’IA dépendent de la source de financement du private credit. Si ces flux de capitaux se resserrent, une vague de défauts ou de coupes dans les investissements pourrait survenir, entraînant des effets en chaîne.

  4. Risque de re-voir la crise des subprimes Le taux des créances douteuses des prêts subprime augmente pour atteindre son plus haut niveau en 11 ans. Si on le compare à la période de 2007, de nombreux experts estiment que nous sommes dans la « phase intermédiaire de 2007 » — c’est-à-dire à l’époque précédant l’explosion de la crise financière mondiale. L’histoire montre que lorsque les créances douteuses augmentent dans un contexte de taux d’intérêt élevés, le système financier subit une pression très importante.

  5. Risque de stagflation Les anticipations d’inflation mondiale remontent à nouveau. Dans le même temps, la croissance économique montre des signes de ralentissement. Le prix du pétrole est fixé à un niveau record pour le marché asiatique, ce qui renforce la pression sur les coûts. La combinaison d’une inflation élevée et d’une croissance faible — aussi appelée stagflation — est généralement le scénario le plus difficile à gérer pour les banques centrales. À ce stade, la politique monétaire se retrouve presque dans une situation de « dilemme sans issue ». Que pourrait-il se passer ensuite ? Si ces crises s’escaladent en même temps, le marché financier mondial pourrait connaître une large vague de ventes. La capacité des gouvernements à intervenir immédiatement pourrait être limitée, surtout lorsque l’inflation n’a pas encore été totalement maîtrisée. Cependant, l’histoire montre ceci : après que les dégâts deviennent suffisamment importants, les banques centrales reviennent souvent à des politiques de relance monétaire fortes et vigoureuses (QE). Lorsque des liquidités sont réinjectées dans le système, un nouveau cycle de croissance — voire une « super-cycle » des actifs — peut se former. La question n’est pas de savoir si une crise surviendra, mais plutôt jusqu’à quel point elle se propagera et à quel moment les politiques se réorienteront. Dans une période aussi instable que celle que nous traversons actuellement, la gestion du risque et le maintien de la discipline d’investissement peuvent être plus importants que la recherche de profits à court terme.

Voir l'original
Cette page peut inclure du contenu de tiers fourni à des fins d'information uniquement. Gate ne garantit ni l'exactitude ni la validité de ces contenus, n’endosse pas les opinions exprimées, et ne fournit aucun conseil financier ou professionnel à travers ces informations. Voir la section Avertissement pour plus de détails.
  • Récompense
  • Commentaire
  • Reposter
  • Partager
Commentaire
Ajouter un commentaire
Ajouter un commentaire
Aucun commentaire
  • Épingler