Pourquoi Jensen Huang pense que la panique autour des actions SaaS repose sur une logique erronée

Lorsque le PDG de Nvidia, Jensen Huang, a pris la parole lors d’une conférence récente, il a fait une déclaration provocante sur la vente en cours des actions de logiciels : la croyance que l’intelligence artificielle remplacera les logiciels est « la chose la plus illogique au monde ». Alors que la crainte d’une disruption par l’IA continue de faire chuter les actions de grandes entreprises de logiciels comme Microsoft, Salesforce et Adobe, la vision contrariante de Huang mérite une considération sérieuse — surtout venant du leader de l’entreprise au cœur de la révolution de l’IA.

L’anxiété actuelle du marché provient d’un principe simple mais inquiétant : si l’IA devient suffisamment puissante, les entreprises n’auront plus besoin d’abonnements coûteux aux logiciels. Elles pourraient utiliser l’IA pour créer leurs propres outils ou automatiser des tâches qui nécessitaient auparavant une supervision humaine et un support fournisseur. Ce scénario apocalyptique est devenu si répandu que certains observateurs le qualifient de « SaaSpocalypse », et l’impact est visible dans les cours des actions du secteur. Le Nasdaq-100 a chuté de près de 5 % ces dernières semaines, avec les géants du logiciel subissant la plus forte pression de vente.

La faille dans le récit « L’IA remplacera les logiciels »

Mais il y a un problème critique avec cette thèse baissière que Jensen Huang souligne : elle méconnaît fondamentalement le fonctionnement réel des entreprises. L’analogie du tournevis du PDG technologique va droit au cœur du sujet. Si vous étiez un robot humanoïde, demande-t-il, utiliseriez-vous un tournevis existant ou en inventeriez un tout nouveau ? La réponse est évidente — vous utiliseriez ce qui fonctionne.

Appliqué aux logiciels, cette logique suggère que les entreprises continueront de s’appuyer sur des solutions existantes et éprouvées de fournisseurs établis. Oui, l’IA pourrait automatiser certaines tâches ou améliorer l’efficacité, mais cela ne rend pas les logiciels d’entreprise obsolètes. Le vrai problème est que les logiciels spécialisés — en particulier dans des domaines réglementés comme la conformité juridique ou les services financiers — nécessitent précision, responsabilité et expertise sectorielle que les outils d’IA généralistes ne peuvent tout simplement pas fournir.

Lorsque Anthropic a lancé un nouveau plugin pour sa plateforme Claude AI afin de gérer la révision de documents juridiques, il était présenté comme un outil pour « accélérer la révision des contrats et les flux de conformité ». Remarquez le langage : cela accélère, cela ne remplace pas le besoin de logiciels juridiques ou de l’expertise de professionnels formés. Un document juridique doit toujours être examiné avec précision et conformité. Les experts doivent toujours donner leur approbation. L’IA devient un assistant du jugement humain, pas un remplacement du jugement professionnel.

Comment les entreprises d’IA et les fournisseurs de logiciels pourraient réellement collaborer

Plutôt que de voir une compétition à somme nulle où l’IA élimine les logiciels, un scénario plus réaliste émerge : le partenariat. Des entreprises d’IA comme Anthropic pourraient développer des capacités puissantes que les fournisseurs de logiciels intègrent dans leurs plateformes, les rendant plus précieuses pour les clients — et non moins précieuses. C’est là que l’optimisme de Jensen Huang devient plus plausible.

Réfléchissez aux incitations économiques en jeu. Si les entreprises de logiciels peuvent utiliser l’IA pour automatiser les tâches répétitives, réduire les coûts opérationnels et offrir des résultats plus rapides à leurs clients, ces entreprises deviennent plus rentables, pas moins. Leurs clients bénéficient d’un meilleur service à des prix compétitifs. Il s’agit d’un scénario de marée montante, pas du tsunami que craignent les investisseurs baissiers.

L’idée clé que Huang exprime est que l’IA ne concurrencera pas les entreprises de logiciels — elle deviendra leur partenaire. Les entreprises qui dépensent actuellement des millions en abonnements logiciels ne abandonneront pas ces systèmes ; elles les amélioreront avec des capacités d’IA. Une plateforme CRM sophistiquée, alimentée par des recommandations d’IA, vaut plus pour une équipe de vente qu’un CRM basique. Un logiciel de comptabilité utilisant l’IA pour repérer les anomalies et automatiser la réconciliation est plus précieux, pas moins.

Où se trouve la véritable opportunité

Si la thèse de Jensen Huang s’avère correcte — et la logique est convaincante — alors la panique actuelle du marché offre une opportunité aux investisseurs qui croient en la valeur à long terme des entreprises de logiciels. Le secteur a connu une forte correction qui pourrait avoir dépassé le point bas.

Ceux qui cherchent une exposition ciblée aux entreprises de logiciels nord-américaines peuvent envisager des fonds diversifiés comme le ETF iShares Expanded Tech-Software Sector (IGV), qui détient 114 entreprises dans les secteurs de la technologie et des communications. Le fonds a offert un rendement annuel moyen de 8,4 % au cours de la dernière décennie et de 17,9 % sur une période plus longue, avec un ratio de dépenses raisonnable de 0,39 %.

En résumé : la perspective de Jensen Huang nous rappelle que les paniques du marché confondent souvent disruption et destruction. L’IA transformera sans aucun doute la façon dont les logiciels fonctionnent, mais l’histoire montre qu’il est beaucoup plus probable qu’elle étende l’industrie plutôt que de la faire s’effondrer. Les entreprises qui conçoivent des logiciels ne deviendront pas insignifiantes — elles deviendront indispensables à la mise en œuvre de l’IA.

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