« Dark horse » désigne un candidat inattendu mais très sérieux. Rick Leader, un cadre de BlackRock, incarne précisément cette « dark horse ». Il y a seulement deux semaines, Leader était une figure marginale sur le marché, mais il attire désormais rapidement l’attention des marchés des anticipations en tant que candidat potentiel au poste de président de la Réserve fédérale.
L’émergence de ce candidat inattendu ne se limite pas à un simple changement de personnel. Elle pourrait avoir des implications majeures sur la politique monétaire, le marché immobilier, le marché du travail, et l’économie dans son ensemble. Nous allons donc analyser pourquoi Leader suscite autant d’intérêt et quelles sont les conséquences possibles de sa montée en puissance pour les marchés.
Émergence inattendue : en deux semaines, le favori
Il y a deux semaines, Leader était une figure presque inconnue. Aujourd’hui, il apparaît comme le candidat le plus probable pour être nommé par Trump à la tête de la Fed.
Selon un rapport de Barron’s, Trump aurait rencontré Leader début du mois dernier, et aurait qualifié ce dernier de « très impressionnant ». Cette appréciation ne serait pas simplement une flatterie, mais refléterait une convergence de politiques. Les données du marché des anticipations le confirment.
Au moment de la rédaction, la probabilité de nomination de Leader s’élève à 43,5 %. Ce chiffre dépasse largement celui de Kevin Warsh (29 %), actuel membre de la Fed, de Christopher Waller (9,2 %), également membre de la Fed, ou encore de Kevin Hassett, du Conseil économique national (7,2 %).
Étant donné que Trump a répété son souhait de maintenir Hassett à la tête de la Fed, il est probable que la compétition se limite à Warsh.
Une vision axée sur la productivité, en phase avec l’administration Trump
L’ascension inattendue de Leader s’appuie sur le fait que ses idées politiques sont très alignées avec la stratégie économique de l’administration Trump. Il a clairement exprimé son soutien à une baisse des taux d’intérêt, ce qui correspond à l’objectif de Trump de réduire durablement les taux.
Plus important encore, Leader comprend que l’efficacité de la politique monétaire ne doit pas se limiter à des chiffres statistiques, mais doit s’apprécier à travers l’impact réel sur l’économie. Il porte une attention particulière à la « productivité innovante ».
Il montre une compréhension approfondie de la façon dont l’intelligence artificielle, l’automatisation et les technologies logistiques transforment la productivité, et par extension, l’économie et le marché du travail. À l’inverse, la Fed a tendance à s’appuyer excessivement sur des données d’inflation passées, ce qui limite sa capacité à saisir ces changements structurels.
Selon un analyste de la Banque de Paris, Leader est favorable à l’objectif d’inflation de 2 %, mais adopte une approche différente pour atteindre cet objectif et pour envisager l’avenir économique. Il privilégie l’impact de l’amélioration de la productivité sur la croissance, l’inflation et le marché du travail, bien plus que le consensus traditionnel de la Fed.
Darius Dale, fondateur de l’institut de recherche indépendant 42 Macro, souligne que les données d’inflation ont tendance à culminer en fin de cycle économique, ce qui rend la prise de décision basée sur ces données souvent tardive. Dale estime que Leader est « la personne qui comprend l’ampleur des changements de productivité en cours et qui perçoit le retard dans la politique monétaire à long terme ».
Focus sur le marché immobilier et les inégalités — efficacité des politiques
Les discours de Leader mettent en évidence ses priorités politiques, notamment le marché immobilier. Depuis la hausse des taux en 2022, l’activité immobilière a fortement diminué, et les biens abordables ont disparu du marché. La hausse des taux hypothécaires commence à montrer des signes d’atténuation, mais reste un poids important.
Selon Leader, l’impact des taux élevés ne se limite pas à freiner l’achat immobilier. Il réduit aussi la liquidité du marché immobilier et limite la mobilité de la main-d’œuvre. Cela entraîne un ralentissement de la construction, avec des effets négatifs sur l’emploi et l’inflation.
Cette orientation en faveur du marché immobilier est en parfaite cohérence avec l’agenda de Trump, qui priorise la baisse des taux hypothécaires. La politique de Leader semble donc s’aligner idéalement avec cette ligne.
Il évoque aussi fréquemment la répartition des effets de la politique monétaire. Dans une interview au Wall Street Journal en 2024, il a déclaré que les taux élevés frappent surtout les emprunteurs, les locataires et les jeunes ménages, tandis que les épargnants en tirent profit. Il souligne que le coût élevé du crédit pour les faibles revenus est problématique, mais qu’il n’a pas d’effet clair sur la maîtrise de l’inflation.
Ce discours sur les inégalités rejoint les préoccupations de longue date du Parti démocrate, qui craint que la hausse des taux ne pénalise surtout les faibles revenus. Leader maintient cependant une position neutre dans le cadre actuel de la Fed, ce qui est crucial pour préserver sa crédibilité politique.
Du Wall Street à Washington — Parcours d’un cadre de BlackRock
Le parcours de Leader chez BlackRock illustre la transformation structurelle des marchés financiers. En 2009, alors que la crise du crédit battait son plein, il rejoint BlackRock, après avoir racheté le fonds spéculatif « R3 Capital Management » qu’il avait fondé, d’une valeur de 1,5 milliard de dollars.
Leader était un cadre de Lehman Brothers. Après la faillite de Lehman en 2008-2009, il a vendu ses parts dans R3 Capital, puis BlackRock a intégré ce fonds pour renforcer ses équipes de gestion d’actifs à revenu fixe. Cette acquisition stratégique a été couronnée de succès, permettant à BlackRock d’accroître considérablement ses actifs dans ce secteur au cours des vingt dernières années.
Lors d’une récente conférence téléphonique sur les résultats, Larry Fink, PDG de BlackRock, a indiqué que le fonds de gestion active en revenu fixe dirigé par Leader avait, d’ici 2025, surpassé tous les autres flux de capitaux dans la plateforme de gestion active. Cela témoigne de la confiance et de la réussite de Leader sur le marché.
Les liens entre BlackRock et Washington sont également attestés par plusieurs nominations. Wally Adeyemo, ancien vice-ministre des Finances sous Biden, est passé chez BlackRock. Brian Deese, président du Conseil économique national sous Biden, était auparavant responsable des investissements durables chez BlackRock. Enfin, Mike Pyle, ancien stratège en chef, conseiller de la vice-présidente Harris, est revenu chez BlackRock après avoir conseillé la vice-présidente.
La nomination de Leader pourrait étendre ce modèle de relation public-privé à une administration républicaine, soulevant inévitablement des questions de conflit d’intérêts. Certains hauts fonctionnaires ayant connu le succès dans la finance, comme le secrétaire au Commerce Howard Lutnick ou le secrétaire au Trésor Scott Bessent, ont également fait l’objet d’un tel examen.
Cependant, Leader n’est pas un novice de la Fed. Il siège au comité consultatif sur les investissements du marché financier de la Fed, qui fournit une expertise extérieure aux décideurs.
Facteurs limitant un changement de politique — la persistance de la psychologie inflationniste
Si la vision de Leader attire l’attention, la position de la Fed sur l’inflation reste profondément conservatrice. La psychologie créée par la forte inflation de la pandémie limite la marge de manœuvre pour un changement de politique, quel que soit le président.
Selon un analyste de la Banque de Paris, cette forte conviction interne sur l’inflation rendra difficile tout changement brutal, même sous un nouveau président. Les décideurs insistent sur les risques liés à une politique accommodante trop précoce.
Warsh reste un concurrent sérieux, mais il prône une réforme interne de la Fed, ce qui suscite des inquiétudes chez certains responsables actuels ou anciens. En revanche, la vision de Leader semble davantage refléter la dynamique « réelle » de l’économie et des marchés, comme l’attend Trump.
L’ascension rapide de Leader, en pleine tension entre taux élevés et signaux économiques complexes, reflète l’intérêt croissant pour la façon dont la politique monétaire interagira avec le marché immobilier, le marché du travail et la productivité. Sa vision, en phase avec la stratégie économique de Trump, constitue un moteur puissant pour sa nomination en mai. Cette « dark horse » pourrait bien ne pas se limiter à une simple nouvelle nomination, mais devenir un symbole d’un tournant dans la politique monétaire américaine.
Voir l'original
Cette page peut inclure du contenu de tiers fourni à des fins d'information uniquement. Gate ne garantit ni l'exactitude ni la validité de ces contenus, n’endosse pas les opinions exprimées, et ne fournit aucun conseil financier ou professionnel à travers ces informations. Voir la section Avertissement pour plus de détails.
Les candidats outsiders émergent rapidement dans la course à la présidence de la Réserve fédérale — que signifie cela
« Dark horse » désigne un candidat inattendu mais très sérieux. Rick Leader, un cadre de BlackRock, incarne précisément cette « dark horse ». Il y a seulement deux semaines, Leader était une figure marginale sur le marché, mais il attire désormais rapidement l’attention des marchés des anticipations en tant que candidat potentiel au poste de président de la Réserve fédérale.
L’émergence de ce candidat inattendu ne se limite pas à un simple changement de personnel. Elle pourrait avoir des implications majeures sur la politique monétaire, le marché immobilier, le marché du travail, et l’économie dans son ensemble. Nous allons donc analyser pourquoi Leader suscite autant d’intérêt et quelles sont les conséquences possibles de sa montée en puissance pour les marchés.
Émergence inattendue : en deux semaines, le favori
Il y a deux semaines, Leader était une figure presque inconnue. Aujourd’hui, il apparaît comme le candidat le plus probable pour être nommé par Trump à la tête de la Fed.
Selon un rapport de Barron’s, Trump aurait rencontré Leader début du mois dernier, et aurait qualifié ce dernier de « très impressionnant ». Cette appréciation ne serait pas simplement une flatterie, mais refléterait une convergence de politiques. Les données du marché des anticipations le confirment.
Au moment de la rédaction, la probabilité de nomination de Leader s’élève à 43,5 %. Ce chiffre dépasse largement celui de Kevin Warsh (29 %), actuel membre de la Fed, de Christopher Waller (9,2 %), également membre de la Fed, ou encore de Kevin Hassett, du Conseil économique national (7,2 %).
Étant donné que Trump a répété son souhait de maintenir Hassett à la tête de la Fed, il est probable que la compétition se limite à Warsh.
Une vision axée sur la productivité, en phase avec l’administration Trump
L’ascension inattendue de Leader s’appuie sur le fait que ses idées politiques sont très alignées avec la stratégie économique de l’administration Trump. Il a clairement exprimé son soutien à une baisse des taux d’intérêt, ce qui correspond à l’objectif de Trump de réduire durablement les taux.
Plus important encore, Leader comprend que l’efficacité de la politique monétaire ne doit pas se limiter à des chiffres statistiques, mais doit s’apprécier à travers l’impact réel sur l’économie. Il porte une attention particulière à la « productivité innovante ».
Il montre une compréhension approfondie de la façon dont l’intelligence artificielle, l’automatisation et les technologies logistiques transforment la productivité, et par extension, l’économie et le marché du travail. À l’inverse, la Fed a tendance à s’appuyer excessivement sur des données d’inflation passées, ce qui limite sa capacité à saisir ces changements structurels.
Selon un analyste de la Banque de Paris, Leader est favorable à l’objectif d’inflation de 2 %, mais adopte une approche différente pour atteindre cet objectif et pour envisager l’avenir économique. Il privilégie l’impact de l’amélioration de la productivité sur la croissance, l’inflation et le marché du travail, bien plus que le consensus traditionnel de la Fed.
Darius Dale, fondateur de l’institut de recherche indépendant 42 Macro, souligne que les données d’inflation ont tendance à culminer en fin de cycle économique, ce qui rend la prise de décision basée sur ces données souvent tardive. Dale estime que Leader est « la personne qui comprend l’ampleur des changements de productivité en cours et qui perçoit le retard dans la politique monétaire à long terme ».
Focus sur le marché immobilier et les inégalités — efficacité des politiques
Les discours de Leader mettent en évidence ses priorités politiques, notamment le marché immobilier. Depuis la hausse des taux en 2022, l’activité immobilière a fortement diminué, et les biens abordables ont disparu du marché. La hausse des taux hypothécaires commence à montrer des signes d’atténuation, mais reste un poids important.
Selon Leader, l’impact des taux élevés ne se limite pas à freiner l’achat immobilier. Il réduit aussi la liquidité du marché immobilier et limite la mobilité de la main-d’œuvre. Cela entraîne un ralentissement de la construction, avec des effets négatifs sur l’emploi et l’inflation.
Cette orientation en faveur du marché immobilier est en parfaite cohérence avec l’agenda de Trump, qui priorise la baisse des taux hypothécaires. La politique de Leader semble donc s’aligner idéalement avec cette ligne.
Il évoque aussi fréquemment la répartition des effets de la politique monétaire. Dans une interview au Wall Street Journal en 2024, il a déclaré que les taux élevés frappent surtout les emprunteurs, les locataires et les jeunes ménages, tandis que les épargnants en tirent profit. Il souligne que le coût élevé du crédit pour les faibles revenus est problématique, mais qu’il n’a pas d’effet clair sur la maîtrise de l’inflation.
Ce discours sur les inégalités rejoint les préoccupations de longue date du Parti démocrate, qui craint que la hausse des taux ne pénalise surtout les faibles revenus. Leader maintient cependant une position neutre dans le cadre actuel de la Fed, ce qui est crucial pour préserver sa crédibilité politique.
Du Wall Street à Washington — Parcours d’un cadre de BlackRock
Le parcours de Leader chez BlackRock illustre la transformation structurelle des marchés financiers. En 2009, alors que la crise du crédit battait son plein, il rejoint BlackRock, après avoir racheté le fonds spéculatif « R3 Capital Management » qu’il avait fondé, d’une valeur de 1,5 milliard de dollars.
Leader était un cadre de Lehman Brothers. Après la faillite de Lehman en 2008-2009, il a vendu ses parts dans R3 Capital, puis BlackRock a intégré ce fonds pour renforcer ses équipes de gestion d’actifs à revenu fixe. Cette acquisition stratégique a été couronnée de succès, permettant à BlackRock d’accroître considérablement ses actifs dans ce secteur au cours des vingt dernières années.
Lors d’une récente conférence téléphonique sur les résultats, Larry Fink, PDG de BlackRock, a indiqué que le fonds de gestion active en revenu fixe dirigé par Leader avait, d’ici 2025, surpassé tous les autres flux de capitaux dans la plateforme de gestion active. Cela témoigne de la confiance et de la réussite de Leader sur le marché.
Les liens entre BlackRock et Washington sont également attestés par plusieurs nominations. Wally Adeyemo, ancien vice-ministre des Finances sous Biden, est passé chez BlackRock. Brian Deese, président du Conseil économique national sous Biden, était auparavant responsable des investissements durables chez BlackRock. Enfin, Mike Pyle, ancien stratège en chef, conseiller de la vice-présidente Harris, est revenu chez BlackRock après avoir conseillé la vice-présidente.
La nomination de Leader pourrait étendre ce modèle de relation public-privé à une administration républicaine, soulevant inévitablement des questions de conflit d’intérêts. Certains hauts fonctionnaires ayant connu le succès dans la finance, comme le secrétaire au Commerce Howard Lutnick ou le secrétaire au Trésor Scott Bessent, ont également fait l’objet d’un tel examen.
Cependant, Leader n’est pas un novice de la Fed. Il siège au comité consultatif sur les investissements du marché financier de la Fed, qui fournit une expertise extérieure aux décideurs.
Facteurs limitant un changement de politique — la persistance de la psychologie inflationniste
Si la vision de Leader attire l’attention, la position de la Fed sur l’inflation reste profondément conservatrice. La psychologie créée par la forte inflation de la pandémie limite la marge de manœuvre pour un changement de politique, quel que soit le président.
Selon un analyste de la Banque de Paris, cette forte conviction interne sur l’inflation rendra difficile tout changement brutal, même sous un nouveau président. Les décideurs insistent sur les risques liés à une politique accommodante trop précoce.
Warsh reste un concurrent sérieux, mais il prône une réforme interne de la Fed, ce qui suscite des inquiétudes chez certains responsables actuels ou anciens. En revanche, la vision de Leader semble davantage refléter la dynamique « réelle » de l’économie et des marchés, comme l’attend Trump.
L’ascension rapide de Leader, en pleine tension entre taux élevés et signaux économiques complexes, reflète l’intérêt croissant pour la façon dont la politique monétaire interagira avec le marché immobilier, le marché du travail et la productivité. Sa vision, en phase avec la stratégie économique de Trump, constitue un moteur puissant pour sa nomination en mai. Cette « dark horse » pourrait bien ne pas se limiter à une simple nouvelle nomination, mais devenir un symbole d’un tournant dans la politique monétaire américaine.