Cocoa News : Rallye du marché face à un approvisionnement tendu et une demande affaiblie

Les contrats à terme sur le cacao récents ont enregistré de solides gains, avec le cacao de mars sur ICE New York en hausse de 90 points, soit une progression de 2,14 % mardi, tandis que le cacao de mars sur ICE Londres a bondi de 91 points, représentant une hausse de 3,04 %. La reprise des prix marque la deuxième séance consécutive de force alors que les traders réévaluent l’équilibre entre les approvisionnements disponibles et les besoins réels en consommation.

Resserrement de la chaîne d’approvisionnement et réaction du marché

Le principal catalyseur de cette remontée des prix provient du ralentissement des livraisons de cacao vers les ports en Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao. Selon les chiffres cumulés de lundi, les agriculteurs ivoiriens ont transporté seulement 1,23 million de tonnes métriques (MMT) de cacao vers les ports durant l’année de commercialisation en cours (1er octobre 2025 au 1er février 2026), soit une baisse de 4,7 % par rapport à 1,24 MMT durant la même période l’an dernier. Ce flux réduit a déclenché des opérations de couverture à la baisse parmi les traders à terme pariant sur de nouvelles baisses de prix.

Les défis de production régionaux modifient également les attentes en matière d’approvisionnement. Le Nigeria, classé cinquième plus grand producteur de cacao au monde, a expédié seulement 35 203 tonnes en novembre, soit une baisse de 7 % en glissement annuel. En regardant vers l’avenir, l’Association du cacao du Nigeria prévoit que la production nationale de cacao pour 2025/26 sera inférieure de 11 % par rapport à la campagne précédente, passant à 305 000 tonnes contre une estimation de 344 000 tonnes. Ces contraintes d’offre ont apporté un certain plancher aux prix du marché malgré d’autres facteurs baissiers.

La consommation de chocolat reste un vent contraire

Malgré le resserrement de l’offre, la demande en cacao continue de peiner. Barry Callebaut AG, le plus grand fabricant mondial de chocolat en vrac, a annoncé une baisse remarquable de 22 % du volume de ventes dans sa division cacao au cours du trimestre se terminant le 30 novembre. La société a attribué cette faiblesse à « une demande de marché négative et à une priorisation du volume vers des segments à rendement plus élevé dans le cacao ».

Cette détérioration de la demande s’étend à tous les grands centres de broyage dans le monde. L’European Cocoa Association a rapporté que les triturations de cacao en Europe au quatrième trimestre ont chuté de 8,3 % en glissement annuel, atteignant 304 470 tonnes, bien en dessous des attentes du marché de -2,9 %, et constituant le plus bas résultat du quatrième trimestre en 12 ans. Les triturations de cacao en Asie ont également sous-performé, avec l’Asian Cocoa Association enregistrant une baisse de 4,8 % en glissement annuel à 197 022 tonnes au dernier trimestre. L’activité de broyage en Amérique du Nord a montré une croissance minimale, augmentant de seulement 0,3 % en glissement annuel à 103 117 tonnes. Cette faiblesse généralisée reflète la réticence continue des consommateurs à absorber des prix du chocolat élevés.

Accumulation de stocks et signaux mixtes du marché

Complexifiant la situation des prix, les inventaires de cacao surveillés par ICE aux ports américains ont rebondi fortement depuis leur creux de 10,5 mois à 1 626 105 sacs le 26 décembre. Mardi, les stocks ont atteint un sommet de 2,5 mois à 1 782 921 sacs, une évolution qui pèse généralement sur les prix à terme en signalant une disponibilité suffisante pour une utilisation immédiate.

Par ailleurs, les stocks mondiaux de cacao ont connu une expansion notable. L’Organisation Internationale du Cacao (ICCO) a indiqué le 23 janvier que les stocks mondiaux de cacao ont augmenté de 4,2 % en glissement annuel pour atteindre 1,1 million de tonnes métriques. Ces niveaux élevés d’inventaire, combinés à des approvisionnements mondiaux proches des records, ont maintenu une pression à la baisse sur les valorisations, avec des contrats de cacao à New York et Londres atteignant récemment leurs plus bas niveaux en plusieurs années.

Optimisme concernant la récolte versus surabondance structurelle

Les conditions agricoles en Afrique de l’Ouest offrent un contrepoint intrigant au contexte baissier des stocks. Le groupe Tropical General Investments a souligné que des conditions de croissance favorables devraient soutenir une augmentation de la récolte de cacao de février à mars en Côte d’Ivoire et au Ghana, avec des agriculteurs rapportant des cabosses nettement plus grosses et plus saines par rapport à l’année précédente. Le fabricant de chocolat Mondelez a également noté que le dernier comptage de cabosses de cacao en Afrique de l’Ouest dépasse de 7 % la moyenne quinquennale, un niveau « sensiblement plus élevé » que la récolte de l’année dernière.

La récolte principale en Côte d’Ivoire a commencé, et le sentiment des producteurs concernant la qualité de la récolte reste positif. Cependant, ces perspectives de production favorables soulignent une réalité fondamentale du marché : l’offre de cacao demeure abondante par rapport à la demande actuelle.

Persistance d’un excédent structurel

Les prévisionnistes indépendants continuent d’anticiper une surabondance structurelle. StoneX a prévu un excédent mondial de 287 000 tonnes pour la saison 2025/26, avec un surplus supplémentaire de 267 000 tonnes prévu pour 2026/27. Rabobank a récemment réduit son estimation du surplus mondial pour 2025/26 à 250 000 tonnes, contre 328 000 tonnes dans sa prévision de novembre, mais s’attend toujours à ce que les excédents persistent.

Ce scénario marque une nette amélioration par rapport aux déficits sévères des années précédentes. L’ICCO avait précédemment révisé son déficit mondial de cacao pour 2023/24 à -494 000 tonnes, le plus grand déficit en plus de 60 ans. Cependant, l’ICCO estime un surplus de 49 000 tonnes pour 2024/25, le premier en quatre ans, grâce à une reprise de la production mondiale de 7,4 % en glissement annuel, atteignant 4,69 millions de tonnes. Ces fluctuations cycliques de l’offre et de la demande continuent de définir les marchés du cacao et d’influencer la position des traders sur les contrats à terme.

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