Les marchés à terme du cacao affichent une image complexe de pressions concurrentes. Les contrats à terme de mars sur le cacao ICE New York ont augmenté de 68 points (+1,56%) tandis que ceux de mars sur le cacao ICE Londres n’ont gagné que 5 points (+0,16%), une divergence qui révèle les multiples faiblesses qui mettent à mal le marché mondial. La modeste progression à New York reflète une couverture de position courte déclenchée par une chute de l’indice dollar à son niveau le plus bas en 4,25 mois, tandis que la faible hausse à Londres souligne comment des facteurs régionaux différents créent des dynamiques de marché distinctes.
Dynamiques monétaires et leurs impacts conflictuels sur le cacao mondial
La récente baisse du dollar a apporté un soutien technique aux contrats à terme sur le cacao libellés en dollars américains, les investisseurs ayant couvert leurs positions courtes en anticipation d’une nouvelle faiblesse de la devise. Cependant, ce soutien à court terme masque une réalité plus complexe. La montée simultanée de la livre sterling à son plus haut niveau en 4,25 ans crée des vents contraires pour le cacao coté en livres, montrant comment les fluctuations monétaires peuvent s’opposer selon les marchés. Lorsqu’on convertit en termes de livres sterling, les bénéfices de la faiblesse du dollar s’évaporent, pesant sur le pouvoir d’achat des acteurs européens et créant des frictions entre les marchés régionaux.
Faiblesses persistantes de la demande dans les principales régions de consommation
L’histoire fondamentale derrière les difficultés du cacao tourne autour de faiblesses obstinées de la demande dans les trois principales régions de consommation. La résistance des consommateurs face à des prix élevés du chocolat reste un frein important. Barry Callebaut AG, le plus grand fabricant mondial de chocolat en vrac, a rapporté une baisse spectaculaire de 22% du volume de ventes dans sa division cacao pour le trimestre se terminant le 30 novembre, la direction citant explicitement « une demande de marché négative et une priorisation du volume vers des segments à plus forte rentabilité ». Cela indique que la sensibilité au prix chez les fabricants de chocolat a atteint un niveau critique.
Les données régionales sur la transformation du cacao renforcent cette narration de la demande. L’European Cocoa Association a indiqué que la transformation européenne de cacao au T4 a diminué de 8,3% en glissement annuel pour atteindre 304 470 MT, bien pire que la baisse anticipée de 2,9%, marquant le plus bas niveau de transformation au T4 en plus d’une décennie. L’Asian Cocoa Association a rapporté que la transformation asiatique au T4 a chuté de 4,8% en glissement annuel pour atteindre 197 022 MT. Même l’Amérique du Nord a montré une faiblesse relative, avec la National Confectioners Association indiquant que la transformation du T4 n’a augmenté que de 0,3% en glissement annuel pour atteindre 103 117 MT. Cette faiblesse synchronisée à travers les centres de consommation démontre la nature structurelle des défis actuels de la demande, révélant que les différences régionales se sont resserrées autour d’un thème cohérent de recul induit par le prix.
Pressions sur la chaîne d’approvisionnement et défis régionaux de production
Les producteurs d’Afrique de l’Ouest, confrontés à des prix faibles soutenus, ont réagi en limitant leurs ventes sur le marché. Les données cumulées d’exportation de la Côte d’Ivoire — le plus grand producteur mondial de cacao — ont montré 1,20 MMT de cacao expédié vers les ports durant l’année de commercialisation allant du 1er octobre 2025 au 25 janvier 2026, en baisse de 3,2% par rapport à 1,24 MMT sur la même période l’année précédente. Cette retenue dans l’offre reflète la frustration des producteurs face à des niveaux de prix insuffisants pour justifier une accélération des ventes.
Malgré des conditions de croissance favorables en Afrique de l’Ouest — avec Tropical General Investments Group notant que des cabosses plus grosses et plus saines devraient soutenir la récolte de février-mars en Côte d’Ivoire et au Ghana — le marché continue d’absorber les dégâts causés par l’abondance d’offre. Mondelez a indiqué que le dernier comptage de cabosses de cacao en Afrique de l’Ouest dépasse de 7% la moyenne quinquennale, et est « sensiblement plus élevé » que la récolte de l’année dernière. L’optimisme concernant la récolte contraste avec les faiblesses du pouvoir de fixation des prix à court terme.
Le Nigeria, cinquième producteur mondial de cacao, présente une préoccupation différente. Les exportations de cacao de novembre ont chuté de 7% en glissement annuel pour atteindre 35 203 MT, signalant des contraintes d’offre émergentes provenant d’une source alternative. Plus inquiétant, l’Association du cacao du Nigeria prévoit que la production de cacao 2025/26 diminuera de 11% en glissement annuel pour atteindre 305 000 MT, contre une projection de 344 000 MT pour la saison en cours 2024/25. Ce resserrement du Nigeria pourrait soutenir les prix plus tard, même si l’abondance en Afrique de l’Ouest limite le potentiel de hausse à court terme.
Dynamiques d’inventaire et retard dans le rééquilibrage du marché
Les stocks de cacao surveillés par ICE, détenus dans les ports américains, ont initialement atteint un point bas le 26 décembre à 10,25 mois, avec 1 626 105 sacs, mais ont depuis rebondi à 1 766 142 sacs lundi — un sommet en 2,25 mois, marquant une inversion baissière. Cette accumulation d’inventaire suggère que le processus d’ajustement du marché est retardé, empêchant la tension sur l’offre qui pourrait autrement soutenir les prix de manière plus agressive. Les stocks importants en entrepôt aux États-Unis agissent comme un point de pression limitant la hausse des prix en raison des facteurs d’offre.
Rééquilibrage mondial de l’offre et de la demande : d’un déficit historique à un excédent serré
Le marché macro du cacao a connu une transition spectaculaire ces dernières années. L’Organisation Internationale du Cacao a révélé le 30 mai que la saison 2023/24 a enregistré un déficit mondial de 494 000 MT — le plus grand déficit en plus de 60 ans — dû à une baisse de 12,9% de la production en glissement annuel, atteignant 4,368 MMT. Ce déficit exceptionnel avait alimenté les attentes d’un resserrement continu.
Cependant, la dynamique s’est inversée. L’ICCO a révisé en novembre son estimation pour 2024/25, réduisant le surplus mondial prévu de 142 000 MT à seulement 49 000 MT le 28 novembre, ce qui marque néanmoins le premier surplus après quatre années consécutives de déficit. L’organisation a également ajusté à la hausse son estimation de production pour 2024/25 à 4,69 MMT, soit une augmentation de 7,4% en glissement annuel. Ce rebond de la production, combiné à la faiblesse de la demande, a fondamentalement modifié le calcul de l’offre et de la demande.
Rabobank a renforcé cette vision mardi dernier, en réduisant son estimation du surplus mondial de cacao 2025/26 à 250 000 MT, contre 328 000 MT prévu en novembre. Même avec cette révision à la baisse, la trajectoire suggère que la tension du marché ne reviendra pas rapidement. La transition d’un déficit historique à un surplus modeste reflète la gestion des contraintes d’offre et l’émergence de défis de demande — des faiblesses fondamentales que le seul prix n’a pas encore corrigées.
Le marché du cacao traverse une période d’ajustement alors que plusieurs pressions structurelles convergent. La faiblesse du dollar offre un soutien technique temporaire, mais les faiblesses sous-jacentes de la demande, les stocks régionaux abondants et un environnement d’offre en transition suggèrent que le soutien des prix restera contesté. Le marché devra déterminer si les contraintes d’offre émergentes du Nigeria et les perspectives favorables de récolte en Afrique de l’Ouest peuvent surmonter les défis persistants de la demande et les pressions sur les stocks désormais visibles dans toutes les grandes régions de consommation.
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Les faiblesses structurelles des marchés mondiaux du cacao persistent malgré le soutien du dollar
Les marchés à terme du cacao affichent une image complexe de pressions concurrentes. Les contrats à terme de mars sur le cacao ICE New York ont augmenté de 68 points (+1,56%) tandis que ceux de mars sur le cacao ICE Londres n’ont gagné que 5 points (+0,16%), une divergence qui révèle les multiples faiblesses qui mettent à mal le marché mondial. La modeste progression à New York reflète une couverture de position courte déclenchée par une chute de l’indice dollar à son niveau le plus bas en 4,25 mois, tandis que la faible hausse à Londres souligne comment des facteurs régionaux différents créent des dynamiques de marché distinctes.
Dynamiques monétaires et leurs impacts conflictuels sur le cacao mondial
La récente baisse du dollar a apporté un soutien technique aux contrats à terme sur le cacao libellés en dollars américains, les investisseurs ayant couvert leurs positions courtes en anticipation d’une nouvelle faiblesse de la devise. Cependant, ce soutien à court terme masque une réalité plus complexe. La montée simultanée de la livre sterling à son plus haut niveau en 4,25 ans crée des vents contraires pour le cacao coté en livres, montrant comment les fluctuations monétaires peuvent s’opposer selon les marchés. Lorsqu’on convertit en termes de livres sterling, les bénéfices de la faiblesse du dollar s’évaporent, pesant sur le pouvoir d’achat des acteurs européens et créant des frictions entre les marchés régionaux.
Faiblesses persistantes de la demande dans les principales régions de consommation
L’histoire fondamentale derrière les difficultés du cacao tourne autour de faiblesses obstinées de la demande dans les trois principales régions de consommation. La résistance des consommateurs face à des prix élevés du chocolat reste un frein important. Barry Callebaut AG, le plus grand fabricant mondial de chocolat en vrac, a rapporté une baisse spectaculaire de 22% du volume de ventes dans sa division cacao pour le trimestre se terminant le 30 novembre, la direction citant explicitement « une demande de marché négative et une priorisation du volume vers des segments à plus forte rentabilité ». Cela indique que la sensibilité au prix chez les fabricants de chocolat a atteint un niveau critique.
Les données régionales sur la transformation du cacao renforcent cette narration de la demande. L’European Cocoa Association a indiqué que la transformation européenne de cacao au T4 a diminué de 8,3% en glissement annuel pour atteindre 304 470 MT, bien pire que la baisse anticipée de 2,9%, marquant le plus bas niveau de transformation au T4 en plus d’une décennie. L’Asian Cocoa Association a rapporté que la transformation asiatique au T4 a chuté de 4,8% en glissement annuel pour atteindre 197 022 MT. Même l’Amérique du Nord a montré une faiblesse relative, avec la National Confectioners Association indiquant que la transformation du T4 n’a augmenté que de 0,3% en glissement annuel pour atteindre 103 117 MT. Cette faiblesse synchronisée à travers les centres de consommation démontre la nature structurelle des défis actuels de la demande, révélant que les différences régionales se sont resserrées autour d’un thème cohérent de recul induit par le prix.
Pressions sur la chaîne d’approvisionnement et défis régionaux de production
Les producteurs d’Afrique de l’Ouest, confrontés à des prix faibles soutenus, ont réagi en limitant leurs ventes sur le marché. Les données cumulées d’exportation de la Côte d’Ivoire — le plus grand producteur mondial de cacao — ont montré 1,20 MMT de cacao expédié vers les ports durant l’année de commercialisation allant du 1er octobre 2025 au 25 janvier 2026, en baisse de 3,2% par rapport à 1,24 MMT sur la même période l’année précédente. Cette retenue dans l’offre reflète la frustration des producteurs face à des niveaux de prix insuffisants pour justifier une accélération des ventes.
Malgré des conditions de croissance favorables en Afrique de l’Ouest — avec Tropical General Investments Group notant que des cabosses plus grosses et plus saines devraient soutenir la récolte de février-mars en Côte d’Ivoire et au Ghana — le marché continue d’absorber les dégâts causés par l’abondance d’offre. Mondelez a indiqué que le dernier comptage de cabosses de cacao en Afrique de l’Ouest dépasse de 7% la moyenne quinquennale, et est « sensiblement plus élevé » que la récolte de l’année dernière. L’optimisme concernant la récolte contraste avec les faiblesses du pouvoir de fixation des prix à court terme.
Le Nigeria, cinquième producteur mondial de cacao, présente une préoccupation différente. Les exportations de cacao de novembre ont chuté de 7% en glissement annuel pour atteindre 35 203 MT, signalant des contraintes d’offre émergentes provenant d’une source alternative. Plus inquiétant, l’Association du cacao du Nigeria prévoit que la production de cacao 2025/26 diminuera de 11% en glissement annuel pour atteindre 305 000 MT, contre une projection de 344 000 MT pour la saison en cours 2024/25. Ce resserrement du Nigeria pourrait soutenir les prix plus tard, même si l’abondance en Afrique de l’Ouest limite le potentiel de hausse à court terme.
Dynamiques d’inventaire et retard dans le rééquilibrage du marché
Les stocks de cacao surveillés par ICE, détenus dans les ports américains, ont initialement atteint un point bas le 26 décembre à 10,25 mois, avec 1 626 105 sacs, mais ont depuis rebondi à 1 766 142 sacs lundi — un sommet en 2,25 mois, marquant une inversion baissière. Cette accumulation d’inventaire suggère que le processus d’ajustement du marché est retardé, empêchant la tension sur l’offre qui pourrait autrement soutenir les prix de manière plus agressive. Les stocks importants en entrepôt aux États-Unis agissent comme un point de pression limitant la hausse des prix en raison des facteurs d’offre.
Rééquilibrage mondial de l’offre et de la demande : d’un déficit historique à un excédent serré
Le marché macro du cacao a connu une transition spectaculaire ces dernières années. L’Organisation Internationale du Cacao a révélé le 30 mai que la saison 2023/24 a enregistré un déficit mondial de 494 000 MT — le plus grand déficit en plus de 60 ans — dû à une baisse de 12,9% de la production en glissement annuel, atteignant 4,368 MMT. Ce déficit exceptionnel avait alimenté les attentes d’un resserrement continu.
Cependant, la dynamique s’est inversée. L’ICCO a révisé en novembre son estimation pour 2024/25, réduisant le surplus mondial prévu de 142 000 MT à seulement 49 000 MT le 28 novembre, ce qui marque néanmoins le premier surplus après quatre années consécutives de déficit. L’organisation a également ajusté à la hausse son estimation de production pour 2024/25 à 4,69 MMT, soit une augmentation de 7,4% en glissement annuel. Ce rebond de la production, combiné à la faiblesse de la demande, a fondamentalement modifié le calcul de l’offre et de la demande.
Rabobank a renforcé cette vision mardi dernier, en réduisant son estimation du surplus mondial de cacao 2025/26 à 250 000 MT, contre 328 000 MT prévu en novembre. Même avec cette révision à la baisse, la trajectoire suggère que la tension du marché ne reviendra pas rapidement. La transition d’un déficit historique à un surplus modeste reflète la gestion des contraintes d’offre et l’émergence de défis de demande — des faiblesses fondamentales que le seul prix n’a pas encore corrigées.
Le marché du cacao traverse une période d’ajustement alors que plusieurs pressions structurelles convergent. La faiblesse du dollar offre un soutien technique temporaire, mais les faiblesses sous-jacentes de la demande, les stocks régionaux abondants et un environnement d’offre en transition suggèrent que le soutien des prix restera contesté. Le marché devra déterminer si les contraintes d’offre émergentes du Nigeria et les perspectives favorables de récolte en Afrique de l’Ouest peuvent surmonter les défis persistants de la demande et les pressions sur les stocks désormais visibles dans toutes les grandes régions de consommation.