La population de la Chine vers 2050 : déclin démographique et nouvelles réalités économiques

En 2025, la Chine fait face à un tournant démographique sans précédent. Alors que le pays comptait environ 1,4 milliard d’habitants cette année, les projections les plus récentes suggèrent une transformation radicale de sa structure démographique. Selon le rapport conjoint de l’Université de finance du sud-ouest, de l’Université Tsinghua et d’autres institutions de recherche, la population de la Chine devrait connaître une trajectoire de déclin sans précédent dans les décennies à venir, redessinant complètement le paysage économique et social du pays.

Les projections de population : de 1,4 milliard à 460 millions

Les chercheurs ont modélisé trois scénarios distincts pour comprendre l’évolution possible de la population chinoise. Le scénario de fécondité modérée (TFR=1.05) projette une population d’environ 1,25 milliard en 2050, puis une chute à 460 millions en 2100. Après 2050, le déclin s’accélère vertigineusement, avec une diminution moyenne d’un milliard de personnes tous les 6,85 ans.

Le scénario de faible fécondité (TFR=0.72) s’avère encore plus pessimiste : à la fin du siècle, la population n’atteindrait plus que 320 millions, plaçant la Chine au septième rang mondial, dépassée par l’Inde, le Pakistan et le Nigeria. À l’inverse, le scénario de haute fécondité (TFR=1.31) prévoit 590 millions d’habitants en 2100, marquant néanmoins un recul significatif.

Ces chiffres révèlent une réalité frappante : la population du pays revient progressivement à ses niveaux de 1950, effaçant ainsi 75 ans de croissance démographique soutenue.

De la croissance à la décroissance démographique : 75 ans de transformation

Pour saisir l’ampleur du changement, il convient de retracer l’évolution de la population sur sept décennies. En 1950, au lendemain de la fondation de la Nouvelle Chine, la population était de 552 millions. La croissance s’accélère rapidement : amélioration des conditions sanitaires, baisse de la mortalité, mais aussi expansion naturelle.

En 1980, la population franchit les 981 millions. La politique de planification familiale, devenue contraignante, commence à freiner la croissance. En 2000, le pays atteint 1,263 milliard d’habitants, et la croissance démographique ralentit sensiblement. Le dividende démographique atteint son apogée : une population active en pleine expansion soutient une charge dépendante encore modérée.

En 2020, la population culmine à 1,411 milliard avant de marquer un léger recul. En 2024, le nombre de naissances s’effondre à 9,54 millions, correspondant à un taux de natalité de seulement 6,77 ‰. C’est à partir de 2025 que la décroissance démographique commence réellement son parcours inexorable.

2050 et après : quand la croissance négative devient réalité

Le passage en phase de croissance négative ne constitue pas une simple statistique démographique : il s’agit d’une rupture civilisationnelle. Pour 2050, l’horizon devient celui de 1,25 milliard d’habitants en moyenne selon le scénario central, soit une réduction de plus de 150 millions d’âmes par rapport à 2025. Cette transition provoque une cascade d’effets en cascade dans l’ensemble de l’économie.

Le vieillissement s’intensifie parallèlement au déclin de la population. La proportion de personnes âgées de plus de 60 ans s’accroît dramatiquement, tandis que la pyramide des âges s’inverse. La charge sociale augmente exponentiellement : moins de travailleurs doivent soutenir davantage de retraités.

L’immobilier en crise : différences régionales et implications

La première conséquence tangible du déclin démographique frappe le secteur immobilier. Sans croissance de population, les prix des logements ne peuvent maintenir leur ascension historique. Les grandes métropoles comme Pékin, Shanghai et Shenzhen devraient préserver une certaine stabilité grâce à la concentration continue de migrations internes, maintenant ainsi une demande résiduelle.

En revanche, les petites villes et zones rurales subiront l’implosion du marché. Les villages où se concentre une forte diaspora temporaire, mais dont la base permanente reste faible, connaîtront un effondrement immobilier. Les villes de niveau inférieur, hors zones touristiques, verront s’écrouler à la fois les prix et les perspectives d’appréciation du capital.

Pour les migrants urbains envisageant de construire une maison ancestrale au pays, la recommandation devient claire : l’investissement immobilier rural ne constitue plus une stratégie patrimoniale viable. Mieux vaut thésauriser pour les générations futures que de bloquer du capital dans des actifs dépréciés.

Au-delà du marché : pression sociale et démographie

Le déclin de la natalité cache une réalité socio-économique profonde. Contrairement aux sociétés antérieures, où chaque enfant représentait un apport économique net à la famille, la modernité a inversé cette équation. Aujourd’hui, élever un enfant exige un investissement massif en éducation, santé et opportunités, sans garantie de rendement. Cette équation inversée crée une pression existentielle sur les couples.

L’expérience de la Corée du Sud et du Japon offre un parallèle édifiant. Ces nations, enrichies par des décennies de croissance effrénée, rencontrent une démographie tout aussi effondrée. La pression de la compétition sociale, ou « involution », dissuade les couples d’avoir des enfants. Un enfant ne figure plus au bilan économique familial, mais constitue une charge supplémentaire en une époque de concurrence féroce.

Cette dynamique crée un cercle vicieux : la pression sociale élève les coûts de la vie, réduisant la qualité de vie des couples, qui renoncent à la procréation. Le cycle s’auto-perpétue.

Les implications pour l’économie et l’investissement

À mesure que la population de la Chine se contracte après 2050, la pression compétitive de la « course à la fortune » s’atténuera. Paradoxalement, cette détente sociale pourrait entraîner une perte de dynamisme économique. Les petites entreprises manquant de compétitivité disparaîtront. Les salaires s’élèveront en raison de la rareté du travail, érodant la compétitivité des exportations à forte intensité de main-d’œuvre. Une mentalité de détachement progressif du matérialisme pourrait émerger, drainant l’énergie collective.

Le marché boursier chinois reste une énigme. En théorie, les entreprises cotées représentent les plus compétitives du pays. En pratique, le marché fonctionne comme un casino légalisé, où le prix des actions dépend de l’équilibre entre les nouveaux comptes ouverts, les entrées de capitaux et les sorties. Une population en décroissance signifie potentiellement moins de nouveaux investisseurs, un flux de capitaux moins vigoureaux, et un marché moins dynamique.

Le même principe s’applique aux cryptomonnaies. La cyclicité des marchés reste gouvernée par l’afflux et l’efflux de capital, selon la célèbre maxime de Warren Buffett : « Quand les autres sont avides, j’ai peur ; quand les autres ont peur, j’ai envie d’acheter. » Comprendre cette dynamique constitue la clé de la réussite investisseur, mais face à un avenir démographique aussi incertain, tout investissement devient un pari sur l’inconnu.

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