La confusion n’est pas fortuite – trois forces distinctes réécrivent les règles du jeu sur les marchés financiers mondiaux. Alors que 2025 démarre avec une configuration fragmentée, l’or, le pétrole et les devises sont simultanément sous pression de logiques contradictoires. D’un côté, les inquiétudes géopolitiques et la volatilité des enchères obligataires internationales ; de l’autre, la force persistante du dollar américain. Le résultat ? Un puzzle où chaque pièce bouge dans une direction différente. Cette semaine sera décisive pour comprendre quelle narration prévaudra.
Quand les banques centrales crient en chœurs différents : voici le premier pivot
Les principales banques centrales mondiales n’ont jamais été aussi désalignées. La Banque Centrale Européenne reste dans le camp conservateur, avec des économistes qui envisagent une inflation de base de la zone euro stabilisée à 2,4 % en décembre – un chiffre qui n’incite pas à des coupes agressives. Les rendements des Bunds allemands ont cédé du terrain, en baisse de 1,5 point de base à 2,90 %, reflétant les attentes d’une BCE statique dans un avenir proche.
Le Japon, cependant, chante une chanson complètement différente. Le rendement des obligations d’État japonaises à 10 ans a brisé un mur psychologique mardi : le 2,10 % a été pulvérisé, avec le prix de l’once d’or locale sous pression alors que le taux est monté à 2,125 %, le plus haut depuis février 1997. La cause déclencheuse ? L’enchère de cette semaine sur des titres à 10 et 30 ans a généré une pression à la hausse que personne ne pourra arrêter facilement.
Pendant ce temps, les États-Unis jouent à une vitesse intermédiaire. Le rendement du Treasury américain à 10 ans a cédé légèrement 0,55 point de base lundi, s’établissant à 4,173 %, mais reste encore bien positionné au-dessus de la moyenne mobile à 20 périodes (4,157%). L’indicateur MACD suggère que le mouvement haussier n’a pas encore perdu toute sa traction – il est simplement en phase de consolidation.
Le deuxième élément : quand le prix de l’or et l’incertitude géopolitique se donnent la main
Dimanche dernier, les États-Unis ont joué une pièce en Venezuela – l’arrestation du président Maduro a secoué les marchés comme un tremblement de terre. Le prix du pétrole WTI a chuté jusqu’à 56,31 dollars (le plus bas depuis le 19 décembre), tandis que l’or a trouvé une maison temporaire autour de 4 420 dollars l’once. Il ne s’agit pas de mouvements aléatoires : ce sont des réactions viscérales à un scénario de choc d’offre énergétique et d’aversion au risque.
Le WTI a rebondi jusqu’à 57,72 dollars grâce à l’incertitude sur l’offre, mais reste fragile. Le graphique en 4 heures suggère une inversion haussière possible (le MACD est en survente et pourrait croiser à la hausse), mais le test de la moyenne mobile à 60 périodes sera le vrai test. À la résistance de 58,50-59,00 dollars, nous verrons si le rebond a des jambes plus longues ou s’il s’agit simplement d’un coup de nervosité avant de nouvelles baisses.
Pour le prix de l’or, la situation est paradoxale : les inquiétudes géopolitiques et la pression sur les rendements des Treasury devraient le soutenir, et pourtant la force du dollar le freine. L’or à l’once a montré une certaine résilience au-dessus de 4 420 dollars, mais pour attirer vraiment les acheteurs, il devra dépasser nettement le récent sommet de 4 430-4 440 dollars. Le support reste ancré à 4 380-4 400 dollars.
Le troisième facteur : la pression de l’offre obligataire et les ondes de choc sur les devises et les matières premières
Cette semaine, la zone euro émettra environ 33 milliards d’euros en nouveaux titres (Allemagne, France et autres pays en première ligne), tandis que le Japon confie à ses enchères à 10 ans la tâche d’ajuster les attentes. La conséquence est simple mais puissante : plus d’offre = pression à la baisse sur les prix = rendements en hausse.
L’indice du dollar (DXY) a atteint un sommet depuis le 10 décembre à 98,80, actuellement autour de 98,64. Cette force n’est pas fortuite – l’avantage relatif des rendements américains par rapport aux autres acteurs mondiaux alimente la demande de refuge en devise US. L’euro/dollar en est la victime : tombé sous le seuil psychologique de 1,1700, il souffre visiblement. Le dollar/yen reste à 156,63, avec les carry traders encore bien positionnés malgré la hausse des JGB – la domination de la monnaie américaine reste incontestée pour l’instant.
La prochaine étape : les données non agricoles américaines comme point de bascule
Vendredi, les données sur l’emploi non agricole américain changeront probablement la donne. Si elles sont supérieures aux attentes, elles relanceront la hausse des Treasury américains et dessineront un dollar encore plus fort – avec la zone 98,75-98,80 comme premier objectif à la hausse pour l’indice DXY.
Pour l’euro/dollar, le niveau 1,1700 reste la frontière entre stabilité et pression baissière supplémentaire. Le prix de l’or à l’once continuera à osciller entre le support à 4 380 dollars et la résistance à 4 430-4 440 dollars tant que le contexte macroéconomique ne sera pas clarifié. Le pétrole WTI, en attendant, attend le résultat des enchères japonaises et les développements au Venezuela avant de décider si 58,50-59,00 dollars est une vraie résistance ou une simple étape de passage.
La leçon de cette semaine est simple : dans un contexte où les banques centrales ne chantent pas au même rythme et où les risques géopolitiques rebondissent comme des balles de ping-pong, aucune corrélation n’est sacrée et aucun prix n’est gravé dans la roche. Les traders qui gagneront seront ceux qui liront rapidement les effets de résonance entre données macroéconomiques, résultats des enchères et chocs externes.
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Les trois moteurs qui bouleversent les marchés : du prix de l'or à la trajectoire des devises, voici ce qui change cette semaine
La confusion n’est pas fortuite – trois forces distinctes réécrivent les règles du jeu sur les marchés financiers mondiaux. Alors que 2025 démarre avec une configuration fragmentée, l’or, le pétrole et les devises sont simultanément sous pression de logiques contradictoires. D’un côté, les inquiétudes géopolitiques et la volatilité des enchères obligataires internationales ; de l’autre, la force persistante du dollar américain. Le résultat ? Un puzzle où chaque pièce bouge dans une direction différente. Cette semaine sera décisive pour comprendre quelle narration prévaudra.
Quand les banques centrales crient en chœurs différents : voici le premier pivot
Les principales banques centrales mondiales n’ont jamais été aussi désalignées. La Banque Centrale Européenne reste dans le camp conservateur, avec des économistes qui envisagent une inflation de base de la zone euro stabilisée à 2,4 % en décembre – un chiffre qui n’incite pas à des coupes agressives. Les rendements des Bunds allemands ont cédé du terrain, en baisse de 1,5 point de base à 2,90 %, reflétant les attentes d’une BCE statique dans un avenir proche.
Le Japon, cependant, chante une chanson complètement différente. Le rendement des obligations d’État japonaises à 10 ans a brisé un mur psychologique mardi : le 2,10 % a été pulvérisé, avec le prix de l’once d’or locale sous pression alors que le taux est monté à 2,125 %, le plus haut depuis février 1997. La cause déclencheuse ? L’enchère de cette semaine sur des titres à 10 et 30 ans a généré une pression à la hausse que personne ne pourra arrêter facilement.
Pendant ce temps, les États-Unis jouent à une vitesse intermédiaire. Le rendement du Treasury américain à 10 ans a cédé légèrement 0,55 point de base lundi, s’établissant à 4,173 %, mais reste encore bien positionné au-dessus de la moyenne mobile à 20 périodes (4,157%). L’indicateur MACD suggère que le mouvement haussier n’a pas encore perdu toute sa traction – il est simplement en phase de consolidation.
Le deuxième élément : quand le prix de l’or et l’incertitude géopolitique se donnent la main
Dimanche dernier, les États-Unis ont joué une pièce en Venezuela – l’arrestation du président Maduro a secoué les marchés comme un tremblement de terre. Le prix du pétrole WTI a chuté jusqu’à 56,31 dollars (le plus bas depuis le 19 décembre), tandis que l’or a trouvé une maison temporaire autour de 4 420 dollars l’once. Il ne s’agit pas de mouvements aléatoires : ce sont des réactions viscérales à un scénario de choc d’offre énergétique et d’aversion au risque.
Le WTI a rebondi jusqu’à 57,72 dollars grâce à l’incertitude sur l’offre, mais reste fragile. Le graphique en 4 heures suggère une inversion haussière possible (le MACD est en survente et pourrait croiser à la hausse), mais le test de la moyenne mobile à 60 périodes sera le vrai test. À la résistance de 58,50-59,00 dollars, nous verrons si le rebond a des jambes plus longues ou s’il s’agit simplement d’un coup de nervosité avant de nouvelles baisses.
Pour le prix de l’or, la situation est paradoxale : les inquiétudes géopolitiques et la pression sur les rendements des Treasury devraient le soutenir, et pourtant la force du dollar le freine. L’or à l’once a montré une certaine résilience au-dessus de 4 420 dollars, mais pour attirer vraiment les acheteurs, il devra dépasser nettement le récent sommet de 4 430-4 440 dollars. Le support reste ancré à 4 380-4 400 dollars.
Le troisième facteur : la pression de l’offre obligataire et les ondes de choc sur les devises et les matières premières
Cette semaine, la zone euro émettra environ 33 milliards d’euros en nouveaux titres (Allemagne, France et autres pays en première ligne), tandis que le Japon confie à ses enchères à 10 ans la tâche d’ajuster les attentes. La conséquence est simple mais puissante : plus d’offre = pression à la baisse sur les prix = rendements en hausse.
L’indice du dollar (DXY) a atteint un sommet depuis le 10 décembre à 98,80, actuellement autour de 98,64. Cette force n’est pas fortuite – l’avantage relatif des rendements américains par rapport aux autres acteurs mondiaux alimente la demande de refuge en devise US. L’euro/dollar en est la victime : tombé sous le seuil psychologique de 1,1700, il souffre visiblement. Le dollar/yen reste à 156,63, avec les carry traders encore bien positionnés malgré la hausse des JGB – la domination de la monnaie américaine reste incontestée pour l’instant.
La prochaine étape : les données non agricoles américaines comme point de bascule
Vendredi, les données sur l’emploi non agricole américain changeront probablement la donne. Si elles sont supérieures aux attentes, elles relanceront la hausse des Treasury américains et dessineront un dollar encore plus fort – avec la zone 98,75-98,80 comme premier objectif à la hausse pour l’indice DXY.
Pour l’euro/dollar, le niveau 1,1700 reste la frontière entre stabilité et pression baissière supplémentaire. Le prix de l’or à l’once continuera à osciller entre le support à 4 380 dollars et la résistance à 4 430-4 440 dollars tant que le contexte macroéconomique ne sera pas clarifié. Le pétrole WTI, en attendant, attend le résultat des enchères japonaises et les développements au Venezuela avant de décider si 58,50-59,00 dollars est une vraie résistance ou une simple étape de passage.
La leçon de cette semaine est simple : dans un contexte où les banques centrales ne chantent pas au même rythme et où les risques géopolitiques rebondissent comme des balles de ping-pong, aucune corrélation n’est sacrée et aucun prix n’est gravé dans la roche. Les traders qui gagneront seront ceux qui liront rapidement les effets de résonance entre données macroéconomiques, résultats des enchères et chocs externes.