Le plan de station balnéaire crypto au Timor oriental est en cours, mais sur le site du terrain, il n’y a pourtant rien. Y aurait-il un lien avec le groupe du prince héritier ?

On soupçonne un réseau d’arnaques mené par le Prince Group au sein d’une station de villégiature crypto au Timor oriental. Le contraste saisissant entre la promotion luxueuse et le terrain vague sur place a fait naître des inquiétudes concernant des crimes transnationaux.

Un enquête conjointe menée pendant quatre mois par le quotidien The Guardian et l’Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP) révèle qu’au Timor oriental, l’un des pays les plus pauvres du monde, un projet présenté comme « la toute première station de villégiature en crypto-monnaie au monde » serait lié à un réseau d’arnaques du Prince Group, un groupe princier cambodgien faisant l’objet de sanctions américaines (Prince Group). En février, des journalistes d’enquête se sont rendus sur un chantier de construction près de l’aéroport de Dili pour effectuer des prises de contact sur place, mais ils n’ont seulement trouvé qu’un terrain vague envahi par les herbes.

L’écart entre la publicité et la réalité : la station de villégiature crypto luxueuse ne reste qu’un terrain vague

Les supports promotionnels d’AB Digital Technology Resort mettent en avant des villas somptueuses, une vue sur la mer et « un lieu d’échanges pour les élites technologiques mondiales », tout en affirmant qu’une partie des revenus sera utilisée à des fins caritatives. Pourtant, en se rendant sur la côte située à l’endroit du chantier montré sur les photos promotionnelles, les journalistes ont constaté que rien n’y était présent : les terres séparées par des clôtures étaient vides, avec seulement quelques buissons épars.

Ce projet constitue le cœur de l’enquête. Les enquêteurs ont découvert que trois personnes impliquées dans le projet de station de villégiature auraient des liens présumés avec le Prince Group (Prince Group), lequel fait l’objet de sanctions américaines ; ces trois personnes ont été retirées du projet durant la période d’enquête.

Prince Group : arnaques « pig-butchering », trafic d’êtres humains, bitcoins confisqués

Le Prince Group (Prince Group) est un groupe d’entreprises multinational qui se présente comme actif dans l’immobilier et les services financiers. Toutefois, en octobre de l’année dernière, le Département du Trésor américain l’a placé sous sanctions, l’accusant d’exploiter en Asie du Sud-Est une vaste activité d’arnaques en ligne, reposant sur le trafic d’êtres humains et l’esclavage moderne pour maintenir ses opérations. Les victimes seraient réparties partout dans le monde. Le fondateur, Chen Zhi, a fait l’objet de poursuites intentées par les autorités américaines pour conspiration en matière d’escroqueries par télécommunications et conspiration en matière de blanchiment d’argent ; des bitcoins représentant des dizaines de milliards de dollars ont été confisqués.

En janvier de cette année, Chen Zhi a été extradé du Cambodge vers la Chine ; des images largement diffusées le montrent en train de descendre de l’avion sous l’escorte de policiers en tenue noire. Les autorités chinoises n’ont pour l’instant pas publié les accusations précises portées contre lui.

Les principales méthodes d’arnaque reprochées au Prince Group (Prince Group) sont le « pig-butchering » (en cantonais, « killing pig pan ») : les escrocs, en se faisant passer pour de fausses identités, établissent une relation avec les victimes via les réseaux sociaux ou des applications de messagerie, parfois pendant des mois, puis les incitent à investir leur argent dans de fausses crypto-monnaies ou des plateformes d’investissement. Une fois que les victimes voient les chiffres de gains fabriqués, elles continuent souvent d’ajouter des investissements jusqu’à ce que les fonds soient détournés et que les escrocs disparaissent.

Gouvernement du Timor oriental : « le carrefour le plus dangereux »

L’enquête révèle aussi plusieurs détails inquiétants : un étranger participant au projet de station de villégiature détient un passeport diplomatique du Timor oriental ; certains anciens dirigeants de pays qui soutenaient à l’origine le projet, une fois contactés, ont nié avoir tenu les propos cités dans les supports promotionnels, voire ont nié connaître ce projet. Après que des journalistes d’enquête ont pris contact avec des personnes clés, les contenus correspondants sur le site officiel d’AB ont également été progressivement retirés.

L’ONU a déjà, l’an dernier, lancé un avertissement au sujet du risque de pénétration du Timor oriental par les réseaux d’escroquerie. Un responsable du gouvernement du Timor oriental a dit au Guardian que ce petit pays situé à seulement 700 kilomètres au large de l’Australie faisait face au « carrefour le plus dangereux depuis l’indépendance », avec un risque de devenir un « terrain de jeu pour des groupes criminels transnationaux ». Le président du Timor oriental a également déclaré aux médias que la question restait de savoir si cette station est « une vraie station de villégiature ou si ce ne sont que des paroles ».

Les actionnaires de l’entreprise de la station, eux, affirment que le projet de développement continuera d’avancer.

  • Cet article est reproduit avec autorisation de:《Chaîne News》
  • Titre original:《Le projet de « station de villégiature en crypto » au Timor oriental ferait l’objet de liens avec le groupe Prince Group, un groupe d’arnaque faisant l’objet de sanctions ; sur le site du chantier, pourtant, il n’y a rien》
  • Auteur original : Elponcrab
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